50 familles métisses identifiées entre 1837 et 1854 Imprimer

25 ans après la reconnaissance dans la Constitution canadienne de 1982 des droits ancestraux des Métis du Canada et 15 après l'arrêt Powley, dans lequel la Cour suprême du Canada a reconnu les droits ancestraux de chasse d'une communauté métisse jusque-là inconnue des historiens à Sault Sainte-Marie et les environs, dans le centre sud de l'Ontario, Ottawa prive toujours les Métis de l'Est du Canada et du Québec de l'aide financière qui leur permettrait de prouver leur histoire et leurs droits devant les tribunaux canadiens.

Les Métis de Maniwaki et des environs doivent prouver en justice l'existence de leur communauté métisse à l'époque historique issue des unions entre les coureurs des bois et les Amérindiennes et vivant ensemble dans la région selon leurs coutumes au milieu du 19ème siècle. Un exercice se chiffrant en milliers de dollars en frais d'experts et d'avocats.

Après avoir consenti des millions de dollars à des organismes métis dans l'Ouest canadien et en Ontario durant les dernières années pour prouver les droits de la communauté de la rivière Rouge et celle du Sault Sainte-Marie, la Couronne canadienne ignore toujours les demandes d'assistance financière des Métis du Québec.

Deux déclarations démontrent bien que rien n'a changé au pays depuis 1982 en matière de respect des droits ancestraux de l'ensemble des peuples autochtones du Canada. La première, en 1996, quand la Commission royale sur les peules autochtones a dénoncé une fois de plus leur exclusion de la société canadienne :

« L'histoire du Canada est l'histoire d'un pays qui n'a pas su ouvrir la porte aux peuples autochtones et à leurs représentants. »[1]

 

La seconde, le 21 septembre 2017, quand Justin Trudeau a avoué à sa grande honte devant l'Assemblée générale des Nations unies que rien n'avait changé depuis son élection :

 

«L’incapacité des gouvernements canadiens successifs à respecter les droits des Autochtones au Canada nous fait grandement honte. Et pour beaucoup trop d’Autochtones, ce non-respect des droits persiste encore aujourd’hui.» [1]



[1] Allocution de Justin Trudeau devant l’Assemblée générale des Nations unies le 21 septembre 2017 sur le retard qu’affiche le Canada en matière de respect des droits des Autochtones ; Radio-Canada publié le jeudi 21 septembre 2017 à 4 h 35 mis à jour le 21 septembre 2017 à 23 h 38 http:// ici.radio-canada.ca/nouvelles/10571/110/justin-trudeau-discours-membres-assemblée-generale-onu



[1] Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, volume 1, page 15

[2] Allocution de Justin Trudeau devant l’Assemblée générale des Nations unies le 21 septembre 2017 sur le retard qu’affiche le Canada en matière de respect des droits des Autochtones ; Radio-Canada publié le jeudi 21 septembre 2017 à 4 h 35 mis à jour le 21 septembre 2017 à 23 h 38 http:// ici.radio-canada.ca/nouvelles/10571/110/justin-trudeau-discours-membres-assemblée-generale-onu

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

[1] Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, volume 1, page 15

[1]Allocution de Justin Trudeau devant l’Assemblée générale des Nations unies le 21 septembre 2017 sur le retard qu’affiche le Canada en matière de respect des droits des Autochtones ; Radio-Canada publié le jeudi 21 septembre 2017 à 4 h 35 mis à jour le 21 septembre 2017 à 23 h 38 http:// ici.radio-canada.ca/nouvelles/10571/110/justin-trudeau-discours-membres-assemblée-generale-onu

------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Entre-temps, le gouvernement provincial continue à contester en justice l'existence des Métis au Québec. C'est le cas dans la cause de Royal Séguin, inscrite au palais de justice de Mont-Laurier, où la Communauté Métis Autochtone de Maniwaki tente de faire reconnaître les droits des descendants des familles métisses vivant le long de la Gatineau et de la Lièvre entre 1837 et 1854.

 

Un professeur d'université en Nouvelle-Écosse s'est récemment invité au débat pour tweeter sur les réseaux sociaux que les données généalogiques de la plupart des membres de la Communauté n'affichent que des ancêtres acadiens unis à des Amérindiennes au 17ème siècle. C'est faux.

 

Plus d'un millier de membres de la Communauté descendent des 50 familles métisses catholiques de langue française identifiées à ce jour, issues du monde de la traite des fourrures et vivant de chasse, de pêche et d'un peu d'agriculture en Outaouais, comme en témoignent les rapports des arpenteurs et des missionnaires d'antan et les actes de baptême, de mariage et de sépulture dressés sur place.

 

Seule la vérité peut freiner une campagne de désinformation qui sème le doute dans l'esprit de la population sur le bien-fondé de la démarche de la Communauté et de ses membres. Voici donc les noms des 50 couples d'ascendance interethnique identifiés à ce jour, mariés dans la région et occupant le Lac Sainte-Marie, la mission de la Visitation (Gracefiel), Maniwaki, le Lac des Sables et les rives de la Lièvre entre 1837 et 1854.

 

De 1837 à 1848, au moins 17 familles métisses occupent les rives du Lac Sainte-Marie :

 

            1. Ignace McDougall, Métis, et Marie-Anne Outastedjouan, Amérindienne ;

 

            2. François-Xavier Naud, Canadien ou Métis, et Élizabeth McPherson, Métisse ;

 

            3. Louis Fournier, Canadien, et Philomène McPherson, Métisse ;

 

            4. Joseph Jacques Lavigne, Inconnu, et Marie-Cécile Kiwekijikokwe-

 

                 McDougall, Métisse ;

 

            5. François Vanasse, Canadien, et Marie-Louise Forcier, Métisse ;

 

            6. Amable McDougall, Métis, et Marguertite Kwekitciwanokwe, Amérindienne ;

 

            7. Joseph Lavallée, Canadien, et Marie-Angélique Masanakomikokwe,

 

              Amérindienne ;

 

            8. Joseph Fournier, Canadien, et Marie Vallières, Métisse ;

 

            9. Antoine Asselin (Aslin) et Élisabeth Océabénaquoi, Métisse, fille de feu

 

               Jean-Baptiste Commandant, Amérindien ;

 

            10. Isaac Léveillé, Canadien, et Angèle Foisy, d'origine inconnue ;

 

            11. Jean-Baptiste Paquette, Canadien, et Marguerite Naud, Métisse ;

 

            12. Andrew McPherson, Écossais, et Marie-Anne Ikwesens Pinesi-Akijikokwe,

 

                 Amérindienne ;

 

            13. Maxime-Émilien Riel, Canadien, et Henriette McDougall, dit Périllard, dit

 

                   Kristino, Métisse ;

 

            14. François Vallières, d'ascendance inconnue, et Cécile McDougall, Métisse ;

 

            15. Pierre Kitchikanassuoët, Amérindien et Marie-Josephte McDougall,

 

                   Métisse ;

 

            16. Antoine Tomosko, Amérindien, et Marie-Anne McDougall, Métisse ;

 

En 1849, au moins sept familles métisses occupent les rives de la mission de la Visitation (Gracefield) :

 

            1. Alexis-Alexandre Morin, Canadien, et Marie-Anne Nakawissi-

 

                 Pinesiwikijikokwe, Amérindienne ;

 

            2. Joseph Chalifoux, Métis, et Geneviève Leblanc-Matwetjiwanokwe,

 

              Autochtone ;

 

            3. Léon Faubert/Foubert, Métis, et Marie Dyoz/Diyos-Johnson, Inconnue ;

 

            4. Godefroid Morin, Canadien, et Marie-Sabette-Élisabeth Lacroix, Métisse ;

 

            5. Jean-Baptiste Lompré/Longpré, Canadien et Marie Bernard, Métisse ou                         Amérindienne ;

 

            6. Nazaire Brisson, Métis, et Marguerite Lemire Dit Marsolet, Canadienne ;

 

            7. Antoine St-Denys, Canadien, et Agathe Faubert/Foubert, Métisse ;

 

En 1848, au moins 14 familles métisses occupent le rives de la rivière du Lièvre, y compris le Lac des Sables (Notre-Dame-du-Laus) :

 

            1. Joseph David, « Métis », et Rose Robert, Canadienne ;

 

            2. Louis Beauregard, Canadien, et Marie Beaulieu, Métisse

 

            3. Joseph Jussiaume, Métis, et Anastasie Ozawikijikokwe Chevalier, Métisse ;

 

            4. Ambroise Beaulieu, Métis, et Marie Minve8e dit Godin, Métisse ;

 

            5. Joseph Foubert, Métis, et Caroline Larocque, Canadienne ;

 

            6. François Lépine, Métis, et Émilie Garneau, Canadienne ;

 

            7. David Lépine, Métis, et Félonise Vincent, Canadienne ;

 

            8. Joseph Lépine, Métis, et Marguerite Brousseau, Métisse ;

 

            9. Marie-Louise Riel dit Chipakijikokwe, Métisse, et Robert McGregor,

 

               Canadien ;

 

            10. Charles Grenier, Inconnu, et Margaret Lépine, Métisse ;

 

            11. Joseph-Alexandre Jussiaume, Canadien, et Marguerite Alexandre, Métisse ;

 

            12. Alexandre Robert Lafontaine, Canadien, et Scholastique Brazeau, Métisse ;

 

            13. Amable Faubert, Inconnu, et Agathe Kaontaskawatch, Amérindienne ;

 

            14. André-Antoine Lacroix, Canadien, et Véronique Cipacibanokwe-Mekatomini,

 

                 Amérindienne ;

 

Au moins 13 autres familles métisses mariées à Buckingham vivaient à l'intérieur des terres le long de la Lièvre :

 

  1. Moïse Payette dit Saint-Amour, Canadien, et Marie Brazeau, Métisse
  2. Joseph Brazeau, Métis, et Geneviève Perrier, Canadienne
  3. Louis Leblanc, Métis, et Scholastique Chénier/Chéné, Canadienne
  4. Léger Leblanc, Métis, et Marie-Louise McGregor, Métisse
  5. Benjamin Brazeau, Métis, et Emilie Goulet, Inconnue
  6. Joseph Brazeau, Métis, et Olive Mallette, Canadienne
  7. Séraphin Clément, Inconnu, et Zoé Brazeau, Métisse
  8. François Villiotte Dit Latour, Canadien, et Marie-Élisabeth-Isabelle McGregor, Métisse
  9. Gilbert-Philibert Villiotte Dit Latour, Canadien, et Célina-Sélina-Salomée Léger Dit Parisien, Métisse
  10. Charles Morin, Canadien, et Marie-Anne McGregor, Métisse
  11. Richard-Robert McGregor, Métis, et Célina Chénier/Chéné, Canadienne
  12. Sévère Léger Dit Parisien, Canadien, et Denise Chénier, Métisse
  13. Edouard Durand/Dandurand, Inconnu, et Marguerite McGregor, Métisse

Marie-Louise Riel dit Chipakijikokwe est la tante de Louis Riel. Née en un lieu inconnu, baptisée au Sault Sainte-Marie, elle a épousé le coureur des bois Robert McGregor à la mission du Lac des Deux-Montagnes, avant de donner naissance à de nombreux enfants le long de la Lièvre. Des historiens et la tradition orale signalent qu'elle a reçu la visite discrète de son célèbre neveu après son élection comme député à Ottawa, quand il fut empêché de siéger par les Orangistes.